lundi 25 août 2014

Ironman de Copenhague 2014: un hélvète chez les vikings

2 des mes amis voulaient participer à l'ironman de Copenhague et m'ont proposé d'y aller tous ensemble. Je me suis donc inscrit à cet ironman. Je savais aussi que le climat scandinave devrait me convenir parfaitement, car je ne supporte pas la canicule.

La phase de préparation

Contrairement à mes habitudes, en 2014, j'ai axé ma préparation à 100% sur une seule épreuve, l'ironman de Copenhague, le 24 août 2014. J'ai participé évidemment à d'autres compétitions, mais uniquement comme entraînements de luxe et pour tester ma forme.
La première phase de ma préparation consistait à améliorer mon point faible, la course à pied...
De janvier à mai, je devais me concentrer principalement sur ce sport, aussi bien en qualité que en volume. Tout a bien commencé, je faisais de bons progrès, et bammm... blessure. Très fortes douleurs aux fessiers, surtout à gauche. Conséquences: 2 semaines sans courir, 3 mois de traitements chez un chiropraticien et forfait au marathon de Genève. Retour au point de départ, avec le même niveau en course à pied que les années précédentes.
La deuxième phase de préparation consistait à faire un gros volume à vélo afin d'atteindre ma forme optimale dans ce sport et être capable de faire 180km sans être fatigué. Tout c'est bien passé, jusqu'à 2 jours avant la fin de mon dernier macro-cycle, où je suis tombé malade. Maux de gorge, toux, rhume, forte fièvre. En quelques jours, et avec l'aide d'antibiotiques, je guéri presque complétement. Presque, car il me reste une sinusite, qui ne partira pas avant l'ironman et que j'ai encore à l'heure où j'écris ces lignes.

L'avant-compétition

J'arrive à Copenhague le jeudi. Le voyage s'est déroulé sans encombre. Mon hôtel, le Copenhagen Island, est situé les pieds dans l'eau et proche du centre-ville, mais très calme tout de même. Je remonte mon vélo et vais le tester. Je vais aussi tester la natation en mer, afin de m'habituer à la température fraiche et la différence de portance liée à la salinité de l'eau.
Le vendredi, je vais prendre mon dossard, je nage à nouveau dans la mer et fais un petit footing dans un magnifique parc. La forme semble être au rendez-vous.
Le samedi, la tension monte. Je prépare mes différents sac et fais mon check-in. J'en profite pour repérer et mémoriser chaque détails du parcours natation et de la zone de transition.
Le dimanche, réveil à 4h30, petit déjeuner léger et départ dans le bus de l'organisation qui nous amène au départ de l'ironman. Je me sens bien, calme et serein, comme si je faisais chaque semaine un ironman et que c'était la routine. Pas de mauvais stress, mais une grande excitation de prendre enfin le départ de cette course que j'ai préparé durant plusieurs mois. Arrivé sur place, je vérifie que mon vélo est prêt et je me prépare au départ.

La natation

La natation se déroule dans un lagon d'environs 2 mètres de profondeur. L'eau est calme et transparente. La température officielle est de 18.3°, soit 2 degré de plus que où je m'entraînais, à coté de mon hôtel. Excellente nouvelle. L'air par contre est un peu plus frais, mais le ciel est dégagé, on va donc pouvoir faire une bonne partie de l'épreuve sans pluie. Il y a peu de vent à ce moment.
Nous sommes 3200 participants au départ et nous partons par vagues, toutes les 10 minutes. Les Pros partent en premier. Ma catégorie, 40-44 ans, part à 7h25. Nous somme environs 500 triathlètes alignés au départ. Je me place en première ligne et effectue un excellent départ, sans recevoir le moindre coup. après 200m je me place derrière un "poisson-pilote", en 5e position, mais je trouve qu'il ne va nage pas assez vite et même qu'il ralenti progressivement. Je décide donc de le dépasser et de tenter de recoller avec les 3 hommes de tête, 20-30m devant. Je n'y arriverai jamais et devrai nager seul durant plus de 3km. Toutefois, je me sens vraiment à l'aise, je m'oriente bien, je me sens puissant et efficace dans l'eau. Mon temps à la sortie de l'eau le confirme, 52'10'', record personnel battu. Je suis 4e de ma catégorie et 26e au scratch. Après une transition bien maitrisée, je suis prêt à commencé le vélo.

Le vélo

Les 180km du parcours vélo commence par une portion plate, puis 2 boucles d'un parcours vallonés par une multitude de petites bosses de 50-200m de long et de 2-5% de pente, au nord de Copenhague. Il se termine à nouveau par une portion de plat pour rejoindre le centre-ville.
Les premiers kilomètres se passent très bien. Je vais exactement au rythme planifié. J'avais pris la décision de rouler avec une veste cycliste sèche et je n'avais donc pas froid, malgré un petit 12-13°C. Assez rapidement, le vent commence à se lever. En principe, sous nos latitudes, mon gabarit m'avantage face au vent. Mais ici, mes adversaires, les descendants des vikings, sont presque tous plus grands et plus larges que moi. J'ai même l'impression d'être un roseau au milieu d'une forêt de chênes.
Après seulement 40km, je sens que je faiblis. J'essaie de me relancer, mais impossible, je n'ai pas la puissance que j'ai habituellement sur ma machine. Progressivement, je prends du retard sur mon plan de course. J'essaie de temps en temps de me relancer à nouveau, mais rien à faire, les jambes ne veulent pas travailler à leur rendement habituel.
Je termine les 180km en 5h10'50'' et me retrouve en 25e position de ma catégorie et 160e au scratch. Je suis frustré, mais presque pas fatigué. Je reste donc optimiste pour le marathon. J'effectue à nouveau une super transition et commence à courir.

La course à pied

Le marathon est composé de 4 boucles de 10.5km, au centre-ville de Copenhague. Il y a une grande quantité de spectateurs, très enthousiastes. Beaucoup de "Go Christophe" et de "Hopp Schwizz". Énormément d'émotion durant ce marathon: après 4km je commence à avoir très mal aux jambes, je pense à abandonner, à laisser tomber ces triathlon longues distances qui ne m'ont jamais convenu et même arrêter le triathlon complétement. Tout ces mois d'entraînement pour atteindre ma limite après seulement 4km... Et puis, c'est le déclic dans ma tête, je me souviens que je me suis engagé auprès de mes collègues de travail de courir le plus longtemps possible, de ne pas marcher dès la première difficulté. Je me souviens aussi que j'ai tenu des distances beaucoup plus longues à l'entraînement, avec des sensations encore pire. Je réussis donc à continuer de courir et, petit à petit, je commence à me sentir de mieux en mieux. Je trouve un rythme, certes pas très rapide, mais suffisent pour améliorer mon record personnel sur ironman et faire enfin moins de 4 heures au marathon. Tout va bien, jusqu'au km 33. Là, tout d'un coup, j'ai la tête qui tourne, je vois tout trouble, mes bras tombent le long du corps et mes jambes se transforment en bouts de tissus. Je sais que je ne dois pas marcher, mais je panique et je me mets à marcher quand même. Je marche jusqu'au prochain ravitaillement, m'alimente en solide (crackers et bananes), puis marche encore un peu jusqu'à ce que je sente de l'énergie revenir dans mon sang et mes muscles. Petit à petit, ça va mieux et les 2 dernier km se passent à nouveau très bien. Je cours le marathon en 4h5'59'', là aussi, record personnel battu, mais ça reste pas brillant et à travailler intensément pour mon prochain ironman.

La récupération

Après voir franchi la ligne d'arrivée en 10h15'27'', à la 80e place de ma catégorie et 418e place au scratch, je vais m'alimenter dans la tente des athlètes. Je me sens beaucoup moins fatigué qu'après mes précédents ironman.
Ensuite, retour à l'hôtel. J'analyse mes résultats, revis ma course dans ma tête, essaie de comprendre pourquoi je n'avais pas la puissance que j'ai habituellement dans les jambes. Tout c'était bien passé au niveau matériel, choix des habits, transitions, alimentation. La seule explication que j'ai trouvé, c'est la sinusite qui m'a affaibli.
Le lendemain matin, je me sens en super forme. Je n'ai pas vraiment plus de courbatures qu'après une grosse journée d'entraînement. J'en profite pour aller nager une dernière dans la mer.

Conclusion

L'ironman de Copenhague est une super course que je recommande, surtout à ceux, qui comme moi, n'aiment pas la canicule. L'organisation est super. Le parcours est sympa, avec un excellent revêtement presque partout sur le parcours vélo. Le public danois est vraiment exceptionnel, je n'avais jamais reçu autant de sourires en une journée.

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